Le Petit Séminaire ( 1807 - 1972 ) 


Vue aérienne du Petit Séminaire aujourd'hui

 Le rétablissement du culte à la suite du Concordat de 1801 accusa rapidement la nécessité d'un petit séminaire diocésain. Un prêtre, René Rochedreux, tente en 1805 un essai à Pont-L'Abbé sans succès. En 1807, " la municipalité de PONT-CROIX (lui) loua une maison et fournit un traitement de cent pistoles à l'instituteur, dont l'école était à la fois école communale et petit séminaire ".

En 1822, l'Evêché acquit, à bon prix, aux héritiers de Monsieur de Clermont, l'ex-couvent des ursulines qui, depuis 1796, servait, par location, de caserne à la gendarmerie. " Les escaliers sont en pierre de taille, un beau puits fait en 1815 fournit par le canal de l'eau aux cuisines.....trois beaux vergers, deux jardins, un cloître bien couvert.... : 18 000 Frs ! " Ainsi naquit le petit séminaire.

Les débuts ne furent pas de tout repos. Quimper, où exerçait un autre petit séminaire, ne voyait pas d'un bon oeil cette concurrence. Le ministre, en vertu du Concordat, avait son mot à dire et limitait le nombre des élèves. En dépit des tracasseries, l'établissement se développa.
En
1824, c'est déjà la prospérité bien que les cours n'aillent que jusqu'à la troisième : 178 élèves, dont 55 externes.
En
1829, le cours secondaire est complet avec la rhétorique. L'effectif atteint 247 élèves, d'une moyenne d'âge assez élevée : 23 ans, et l'obligation " officielle " d'une soutanelle ou lévite pour les aînés... La nomination des directeurs et professeurs doit être approuvée par le ministre.
Le
29.03.1831, une donation du directeur, l'abbé Le Coz, permet l'agrandissement des bâtiments.
En
1843, l'effectif est monté à 320 et la moyenne d'âge est descendue.
En
1845, se donne un cours de littérature bretonne, avec quelques notions sur la langue.
En
1865, il faut construire le grand bâtiment ouest à trois étages

En 1902, on remplace l'antique chapelle des ursulines par une autre plus grande, qui, le 21.06.1905, est consacrée et dédiée à Saint Vincent, d'où ce nom de Collège St Vincent souvent employé pour désigner le petit séminaire de PONT-CROIX.


Chapelle St Vincent vue du jardin

La rupture unilatérale du Concordat, suivie de la Loi de la Séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905), provoque la fermeture de l'établissement, l'Etat s'empara une fois de plus des biens de l'Eglise, et amena le 29.01.1907 le transfert des élèves à Quimper. La réouverture se fit en 1919, d'ailleurs dans un esprit très large avec l'accueil de quelques élèves du pays qui ne songeaient au sacerdoce que d'une façon très lointaine. Ainsi prospéra cette institution qui regroupait plusieurs centaines d'élèves, en majorité de Cornouaille, jusqu'aux environs de 1972, où le style nouveau de formation sacerdotale et la diminution des effectifs conduisirent à la fermeture de l'établissement, au grand dommage de la vitalité locale. II s'agit de la vitalité qu'entraîne toujours la présence de jeunes, surtout de jeunes collégiens , et de la vitalité économique dont a besoin une campagne qui tend à se dépeupler. Depuis 1973, il est resté inoccupé et laissé à l'abandon.

L'intérieur de la Chapelle Saint Vincent

 

 

Le devenir du petit séminaire ?